En plus des classiques « lire, écrire, compter », j’ai à cœur de transmettre des valeurs à mes enfants. Les « remplir » de connaissances sans leur montrer la voie à suivre n’aurait pas de sens à mes yeux. Ou comme l’a brillamment exprimé Rabelais : » Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
Pour les aider à corriger leurs petits défauts et découvrir les conséquences que ceux-ci peuvent avoir, j’ai choisi de leur faire apprendre des fables. Cet exercice quotidien revêt plusieurs avantages :
- faire travailler la mémoire (l’apprentissage des poésies est d’après moi l’un des rares domaines où le par cœur ait vraiment son sens),
- faire découvrir des classiques de la littérature française,
- faire aimer la musicalité de la langue,
- faire apprendre du vocabulaire nouveau que l’on rencontre peu fréquemment,
- faire pratiquer une petite gymnastique de l’esprit car la syntaxe des phrases ne coule pas toujours de source,
- et surtout, faire réfléchir les enfants aux conséquences de leurs actes avec un discours imagé et souvent drôle qui marque les esprits.
J’ai opté encore une fois pour un livre de la Librairie des Ecoles, « 50 fables expliquées aux enfants », car j’aime beaucoup le choix des fables, les illustrations, le fait que les fables soient classées par niveau de difficulté croissant et surtout qu’elles soient accompagnées de questions de compréhension et de réflexion finement choisies.
Concrètement, nous abordons une fable par mois. J’ai commencé avec mon fils aîné pendant les vacances du CP au CE1 (le livre devrait donc couvrir tout le primaire), mais son petit frère qui est en MS arrive quasiment à tout comprendre et tout retenir. Il parvient à répondre aux questions de compréhension, c’est donc un exercice pratiqué en famille. Nous apprenons chaque jour un à deux vers (on trouve toujours le temps dans une journée, que ce soit à l’occasion du petit déjeuner, du départ à l’école, en voiture, le soir avant le bain…), la fable s’allonge donc peu à peu.
En fin de mois, nous récitons la fable entièrement (c’est l’affaire d’une minute maxi), les enfants répondent aux questions de compréhension et surtout de réflexion.Ensuite, au quotidien, quand je constate un comportement dénoncé dans une fable, c’est l’occasion de le signaler avec humour en récitant les vers qui correspondent. (« menteur n’est jamais écouté, même en disant la vérité », « souvenez-vous que dans la vie, sans un peu de travail, on n’a point de plaisir »…).
N’hésitez pas à vous lancer. Il suffit d’une à deux minutes par jour. Étonnamment, les enfants aiment beaucoup ce petit effort qui leur est demandé et sont toujours impatients de découvrir la fable qui suit.
Et pour convaincre les plus récalcitrants, je livre à votre réflexion l’expérience de François-Xavier Bellamy :
Quand j’avais sept ou huit ans, mon grand-père m’a offert l’Anthologie de la poésie française, de Georges Pompidou, et il m’a dit: «Si tu veux être heureux dans la vie, il faut apprendre deux vers par jour.» Je l’ai fait. Il avait raison. J’ai découvert un savoir, une saveur de la vie que je ne soupçonnais pas, que le quotidien ne donne pas. Je n’ai pas tout compris bien sûr – pas tout entier, pas tout de suite… Mais c’était beau. C’était grand. Et finalement, c’est tout simplement que ce qu’il y a de beau, de grand, se dépose dans un cœur d’enfant pour l’enrichir, par le cœur. Mais qui maintenant aura encore la chance d’apprendre un peu de poésie – par cœur?




